Octobre 1981

Anouar el-Sadate. Assassiné en direct

Le Prix Nobel de la paix est mort honni par les siens, parce qu’il avait sincèrement cru à la paix. L’Occident est sous le choc © Jack Garofalo
Le 25 octobre 2011 | Mise à jour le 08 avril 2014

Mardi 6 octobre, 13 heures, Sadate en uniforme de maréchal vient de voir passer ses avions de combat en grande formation. Puis c’est l’artillerie qui commence à défiler. Une partie des journalistes de Paris Match regardent à la télévision cette parade organisée au Caire pour marquer la célébration de la guerre d’octobre 1973. Brusquement, un camion pile devant la tribune où se tiennent ­Sadate et les dirigeants, un soldat en jaillit et dégoupille une grenade fumigène en hurlant « mort au pharaon ».

C’est le signal. Un instant, on croit à une manœuvre, un geste symbolique, mais cinq autres soldats balancent des grenades offensives et arrosent à la mitraillette le premier rang de la tribune : l’attaque n’a duré que vingt-trois secondes. Le monde entier est bouleversé. Sadate sera déclaré mort deux heures plus tard à la clinique El Maadi. Moubarak, qui était assis à sa droite, n’est que légèrement blessé à la main, les assaillants ont donc tiré sur Sadate comme sur une cible au champ de tir. En direct et au journal, où nous sommes pétrifiés, incrédules, on a eu l’impression d’un massacre : il n’y aura « que » 7 morts et 28 blessés. Les assassins seront jugés et fusillés mais, comme toujours, demeurent des zones d’ombre dans l’attentat le plus spectaculaire du siècle. Par exemple, les officiers, qui devaient vérifier que les armes des participants du défilé n’étaient pas chargées, étaient tous en pèlerinage à La Mecque ! L’affaire avait trop bien été préparée pour qu’il s’agisse d’un hasard. Les islamistes voulaient éliminer ce fils de paysan, grandi entre ciel et eau, dans la boue du delta et qui croyait en son étoile. Sa modeste autobiographie commençait par ces mots : « Moi, Anouar el-Sadate, paysan né et élevé sur les bords du Nil, à l’endroit même où l’homme a contemplé l’ombre de tous les temps. » Il n’a jamais douté du pouvoir des astres. Son étoile avait dû pâlir brusquement en ce jour de gloire.

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